© Auteur : Jean-Louis BERNARD, 2025
Cette publication a reçu le prix KJER France 2025
Résumé de la publication parue dans BRAIN Common 2024 Nov
Dr Jacques BUREAU, neuro-ophtalmologue, clinicien-chercheur, CHU Angers, Laboratoire MitoLab, INSERM 1083-CNRS 6015
Introduction
Une des énigmes des neuropathies optiques héréditaires liées aux mutations portant sur des protéines mitochondriales réside dans la spécificité de l’atteinte du nerf optique. On sait que la maladie est liée à des modifications des mitochondries au niveau du nerf optique. Cette étude s’intéresse aux modifications des mitochondries au niveau de la lame criblée du nerf optique là où débute sa myélinisation. Le système visuel est très consommateur d’énergie, alors qu’une partie ce celui-ci, dans l’œil, n’est pas gainée (myélinisée) ce qui implique une moins bonne conduction de l’énergie à ce niveau.
Objectif
Rechercher des différences dans l’ultrastructure mitochondriale au niveau de la lame criblée du nerf optique de souris transgéniques porteuses de mutations sur les gènes OPA1 et ND6.
Méthode
Nous avons comparé l’ultrastructure mitochondriale en immunofluorescence et microscopie électronique chez 3 groupes de modèles murins âgés de 5 mois,pré-symptomatiques : un groupe porteur de la mutation nucléaire OPA1 (Atrophie Optique Dominante), un groupe porteur de la mutation mitochondriale ND6 (neuropathie optique de Leber) et un groupe contrôle sain (Wild Type).
Résultats
Dans les 3 groupes, nous retrouvons de mitochondries de structure différente de part et d’autre de la lame criblée : plus nombreuses, plus rondes et de contenu matriciel plus clair dans la zone non-myélinisée du nerf optique. La densité mitochondriale était plus importante dans le groupe OPA1 avec des amas de mitochondries plus petites et altérées. La surface mitochondriale était à l’inverse augmentée dans le groupe ND6
Discussion
Les nombreuses mitochondries avec des structure différentes répondent à la demande énergétique majeure dans la zone non- myélinisée du nerf optique. Les anomalies chez les souris OPA1 traduisent un défaut précoce de fusion mitochondriale. La surface mitochondriale augmentée dans le groupe ND6 peut traduire une compensation quantitative de la chaîne respiratoire défectueuse.
Conclusion
Il existe des altérations mitochondriales pré-symptomatiques distinctes au niveau du nerf optique des modèles de neuropathies optiques génétiques, fournissant des critères de réponse aux thérapies géniques.